L’expérience du corps vécu chez la personne âgée et la personne handicapée
Colloque organisé à Dijon (Université de Bourgogne) du 13/11/2008 au 15/11/2008
Organisateur(s) : Ancet Pierre
Centre(s) organisateur(s) : Centre Georges Chevrier-UMR CNRS uB 7366
Partenaire(s) : MSH Dijon

Référence électronique : Ancet Pierre (organisateurs), 2008, L’expérience du corps vécu chez la personne âgée et la personne handicapée [en ligne], colloque, Dijon, Université de Bourgogne, disponible sur https://lir3s.u-bourgogne.fr/phonotheque/m-60, page consultée le 03/12/2021



Présentation de la manifestation

L’intention de ce colloque est d’élargir la perception que nous avons de notre propre corps en cherchant à dégager l’expérience du corps vécu au sens que Maurice Merleau-Ponty donne à ce terme dans la Phénoménologie de la perception : un corps subjectif, ressenti plus que représenté, expérimenté plus que connu, intériorisé plus qu’extériorisé comme objet possible. Sommes-nous certains de savoir ce qu’est le corps pour nous ? Pourrions-nous le décrire indépendamment de nos connaissances médicales et de nos représentations spontanées ?

Les exemples principaux retenus pour cette analyse seront l’expérience du corps chez la personne handicapée physique et chez la personne âgée et ceci pour plusieurs raisons.

La première est éthique : elle permet de prendre conscience du décalage qui peut exister entre nos représentations, souvent éminemment projectives, et l’expérience de l’autre telle qu’il la décrit du dedans. On y retrouve l’écart entre l’apparence extérieure construite par les stéréotypes sociaux et le vécu individuel dans sa singularité. Or la démarche éthique est souvent présentée comme une tentative pour aller de la généralité des principes vers la particularité voire la singularité d’une expérience, afin de remonter ensuite aux buts et fins que l’on se propose de rechercher. Le cheminement éthique ne peut en ce sens faire l’économie de l’expérience individuelle, et nous insistons pour que des intervenants en situation de handicap puissent s’exprimer dans ces contexte. Les enjeux éthiques sont d’autant plus importants que se reposent des questions fondamentales à propos du néo-eugénisme contemporain et de l’euthanasie des personnes âgées.

La seconde raison est spéculative : la découverte de l’expérience d’autrui ne peut que nous conduire à repenser notre propre rapport au corps. De la même manière que l’anthropologie a pu par le passé permettre de mieux saisir ce qu’était notre propre culture, de même nous avons la possibilité d’interroger au sein de notre propre société des personnes dont l’expérience du corps n’est pas ou n’est plus comparable à celle que nous connaissons quotidiennement. Rien ne nous garantit que nous ayons tous les mêmes expériences intérieures uniquement parce que nous disposons de la même culture et des mêmes termes pour désigner ce que nous ressentons. La maladie mentale et la maladie physique peuvent conduire à des expériences si étranges et singulières du corps vécu qu’elles en deviennent difficilement communicables. Mais rien ne nous indique à l’inverse que les expériences du corps soient si radicalement distinctes qu’elles ne puissent faire l’objet d’une rencontre intersubjective.

La particularité du rapport au corps et du rapport au monde que peut contribuer à cerner cette notion de corps vécu mérite une attention particulière, et cela surtout en raison de l’ambiguïté foncière du terme de corps. En effet, le corps vécu tel que nous l’éprouvons n’est pas réductible à la connaissance anatomique et physiologique que nous en donne la médecine. Il en va de même du corps tel que nous nous le représentons (l’image du corps). Cette image ne coïncide pas avec celle du miroir. Elle est d’ailleurs plus qu’une représentation, comme le montre le livre fondateur de P. Schilder. Enfin, la psychanalyse évoque une expérience du corps sans forme dont nous portons l’empreinte inconsciente (l’image inconsciente du corps).

Le terme même de « corps » est difficile à exporter hors d’un contexte occidental, comme le montrent les études historiques et anthropologiques. Nous expérimentons notre corps comme un moyen de nous différencier des autres, comme un ensemble de limites par rapport à l’extérieur, tandis que les sociétés traditionnelles font du corps le maillon d’une chaîne entre soi et la chair du monde, entre soi et les autres (comme dans l’expérience de partielle dissolution que nous faisons dans la foule).

Lorsque nous parlons du corps, le risque de confusion est donc grand. Il l’est davantage encore lorsque ce dialogue a lieu avec un médecin et que « le corps » devient l’objet d’une plainte et d’une demande. On jugera de ces difficultés et de leurs enjeux éthiques en confrontant des approches philosophiques, anthropologiques, historiques, psychologiques et médicales.

Communications

hypertext link symbol L’expérience du corps vécu chez la personne âgée et la personne handicapée - Introduction [durée : 4 min.], Ancet Pierre

hypertext link symbol Corps vieillissant et perception par les soignants [durée : 30 min.], Lahaye Anne

hypertext link symbol Ethique et clinique de l’hétéronomie : prendre soin de l’attente [durée : 28 min.], Dreuil Daniel

hypertext link symbol A chacun son vieillissement. Témoignage et réflexions sur le vécu du corps [durée : 22 min.], Delabbé Jean

hypertext link symbol La toilette de la personne âgée et le problème de l’intimité du corps [durée : 33 min.], Larger Victor

hypertext link symbol Corps vieillissant, corps vil ? la perte de l’imagination du semblable [durée : 35 min.], Pierron Jean-Philippe

Enregistrement non public.

hypertext link symbol Ethique, intimité et sexualité chez les personnes âgées [durée : 29 min.], Ancet Pierre

hypertext link symbol Handicap sensoriel, expériences du corps et représentations de soi [durée : 26 min.], Bernard Alix

hypertext link symbol Surdité, corps implanté, corps réparé ? Décalages entre des discours d’experts et de témoins, entre la surdité observée et l’expérience de la surdité vécue [durée : 26 min.], Lavigne Chantal

hypertext link symbol Corps menaçant/corps invisible : la « non-traitance » [durée : 18 min.], Cohier-Rahban Véronique

hypertext link symbol Corps apparent et corps vécu [durée : 17 min.], Nuss Marcel

hypertext link symbol Fratrie et rapport au corps malade de l’enfant [durée : 29 min.], Scelles Régine

hypertext link symbol De la stigmatisation à la transformation : processus d’adaptation à la différence des pères et des mères d’enfant ayant une déficience [durée : 25 min.], Pelchat Diane

hypertext link symbol Le corps sexué de l’enfant classé déficient intellectuel vécu par les parents [durée : 44 min.], Desjardins Michel

hypertext link symbol Image corporelle, handicap, dignité [durée : 24 min.], Stiker Henri-Jacques

hypertext link symbol Le vécu du corps et l’intériorisation du regard. Une expérience personnelle [durée : 44 min.], Parisot Anne-Sophie

hypertext link symbol Vécus corporels chez des personnes autistes. La place du corps et de la sensorialité dans les installations en clivage [durée : 26 min.], Lheureux-Davidse Chantal

hypertext link symbol Fermeture et résistance du corps (Maine de Biran, Merleau-Ponty et Patocka) [durée : 28 min.], Frogneux Nathalie

hypertext link symbol La rencontre de l’autre dans la proxi-intimité [durée : 31 min.], Durif-Varembont Jean-Pierre

Enregistrement non public.


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