Les fêtes publiques au-delà des fêtes de souveraineté et des fêtes d’opposition : XXe siècle
Projet hypertext link symbol Les fêtes publiques au-delà des fêtes de souveraineté et des fêtes d’opposition
Atelier organisé à Dijon (Université de Bourgogne) le 28/11/2007
Organisateur(s) : Ruget Annie, Caritey Benoît
Centre(s) organisateur(s) : Centre Georges Chevrier-UMR CNRS uB 7366

Référence électronique : Ruget Annie, Caritey Benoît (organisateurs), 2007, Les fêtes publiques au-delà des fêtes de souveraineté et des fêtes d’opposition : XXe siècle [en ligne], atelier, Dijon, Université de Bourgogne, disponible sur https://lir3s.u-bourgogne.fr/phonotheque/m-51, page consultée le 05/12/2021



Présentation de la manifestation

Les fêtes publiques ont suscité une profusion de travaux historiques, anthropologiques et sociologiques, dont l’abondance et la diversité défient toute tentative d’inventaire. Dans ce cadre, les rapports entre « fêtes publiques » et « politique » ont fréquemment été visités. Les « fêtes de souveraineté » [1] à travers lesquelles le pouvoir se met en scène ou est mis en scène (entrées royales, mariages princiers, couronnements, anniversaires et bouts de l’an, fêtes révolutionnaires, fêtes impériales et fêtes républicaines, etc.), tout comme les « fêtes d’opposition » [2], organisées dans les périodes révolutionnaires ou par les mouvements qui se définissent par leur opposition à l’ordre établi, mettant en scène la transgression, un autre projet de société et d’autres valeurs sociales et politiques, ont fait l’objet d’études nombreuses dont les conclusions ne semblent pas devoir être remises en cause.

Il en ressort que la fête n’est pas un simple divertissement, une parenthèse dans un quotidien dont elle rompt la monotonie et qu’elle a des fonctions sociales précises : entretenir et renforcer la cohésion d’un groupe ; conforter, y compris sous l’apparence de la transgression, ses hiérarchies et ses valeurs. Il en ressort aussi que l’émotion y joue un rôle central. Une fête réussie (quels que soient les buts que poursuivent ses ordonnateurs ou ses organisateurs) agit en effet sur les sens avec efficacité : sur la vue tout d’abord, par le faste des décorations, les couleurs vives des costumes et des emblèmes, le brillant des ornements dans les cortèges, revues militaires, ou processions religieuses, par les évolutions collectives (carrousels et quadrilles, défilés et manœuvres, ballets, représentations théâtrales), les jeux, combats, joutes (équestres et nautiques), concours et démonstrations, par les jeux d’eau, les feux de joie et d’artifices, lâchers de ballons ou d’oiseaux, etc. ; sur l’ouïe, flattée ou agressée par le carillon des cloches, le bruit des mousqueteries, des canonnades et des pétarades, les roulements de tambour, la musique et les chants, les vivats, applaudissements et cris divers, plus ou moins spontanés (surprise, joie, colère, peur, déception) ; sur le goût, sollicité par les banquets et distributions de vivres, par les nourritures et boissons achetées dans les débits de boissons et auprès des marchands de nourritures qui cernent le lieu de la fête ; sur l’odorat en ce sens où la fête est aussi un concert d’odeurs (frites, saucisses, marrons chauds, crêpes et gaufres, barbe à papa, vin chaud, etc.) ; sur le toucher enfin, sollicité dans le contact physique de la foule qui se presse (le bain de foule), dans la possibilité de toucher les personnalités (hommes d’État, champions ou célébrités) ou les objets (reliques, ballon). Elle agit également sur les consciences par imprégnation et contagion.

Il existe cependant en dehors des « fêtes de souveraineté » et des « fêtes partisanes » tout un ensemble de fêtes qui n’ont guère été étudiées pour leurs implications politiques : fêtes communautaires, fêtes corporatives, fêtes religieuses, fêtes sportives, manifestations culturelles. Leurs ordonnateurs ou organisateurs ne sont ni détenteurs ou représentants du pouvoir, ni des acteurs appartenant à des mouvements d’opposition. Les usages n’en sont pas explicitement politiques. Mais dans la mesure où elles donnent à voir le groupe, la communauté ou la société à ceux qui en font partie, mettent des visions du monde en scène et des idéologies en pratique ou contribuent à légitimer des modes de domination, il est pleinement justifié que soient interrogés leurs rapports avec le champ politique.

[1] Pour reprendre les catégories adoptées par Alain Corbin, Noëlle Gérome et Danièle Tartakowsky (dir.), Les usages politiques des fêtes aux XIXe–XXe siècles, Paris, Publications de la Sorbonne, 1994.

[2] Idem.

Communications

hypertext link symbol Les fêtes publiques au-delà des fêtes de souveraineté et des fêtes d’opposition - Introduction [durée : 26 min.], Ruget Annie, Caritey Benoît

hypertext link symbol Les fêtes vineuses en Bourgogne durant l’entre-deux-guerres. Entre réseaux locaux et espace républicain pour un nouveau marketing du vin [durée : 38 min.], Jacquet Olivier

hypertext link symbol La fête de la moisson au service de Vichy et de la collaboration (septembre 1943) [durée : 33 min.], Vigreux Jean

hypertext link symbol Modalités et problèmes de construction d’une comparaison historique [durée : 26 min.], Gounot André

hypertext link symbol Perspectives et limites d’une généralisation sur les rapports entre sport et politique [durée : 22 min.], Jallat Denis




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