L’écoute de la harsh noise : de la physiologie à l’esthétique
Journée d’études hypertext link symbol Philosophie des musiques récentes
Auteur(s) : Guesde Catherine, Pauline Nadrigny
Durée : 72 minutes

Référence électronique : Guesde Catherine, Pauline Nadrigny, « L’écoute de la harsh noise : de la physiologie à l’esthétique » [en ligne], 2013, disponible sur https://lir3s.u-bourgogne.fr/phonotheque/c-772, page consultée le 08/12/2021



Résumé de la communication

La harsh noise pâtit certainement d’une forme de préjugé, attaché à son nom même : bruit « abrasif », elle qualifierait des musiques marginales, brutales, peu sophistiquées, dont l’enjeu serait avant tout la recherche d’une violence sonore par le biais de procédés électroniques ou électriques. Cette intervention entend revenir sur cette idée reçue. Sans prétendre dresser le portrait exhaustif d’une scène complexe, il s’agit, à partir d’entretiens, de définir les contours d’une écoute de la harsh noise, en prenant en compte le discours de ses compositeurs divers et auditeurs. Cette écoute se révèle, à l’analyse, extrêmement qualifiée et réflexive. En cela, l’inconfort, voire la douleur, qui peuvent bien jouer un certain rôle (il s’agira alors d’éduquer l’oreille à certains sons d’abord jugés parasitaires), ne sembleront pas essentiels à une expérience esthétique qui se construit moins sur le paramètre de l’intensité sonore que sur ceux, multiples, de la dynamique, de la spatialité, de la texture... et qui, pour être appréciés, demandent une certaine mise à distance. Parce qu’il tient à configurer son expérience, qu’il développe pour en rendre compte un jeu de critères techniques et précis, l’auditeur de harsh noise témoigne d’une écoute à la fois experte et autodidacte. Cette attention minutieuse, qui semble d’ailleurs qualifier l’écoute de la harsh noise par rapport à celle de la noise rock, relève d’une appréciation esthétique originale, qui semble se greffer directement sur l’appréhension physique, voire physiologique du son, en court-circuitant souvent la perception de la forme musicale et le jeu des facultés. L’horizon de cette intervention est l’étude de cette articulation abrupte entre physiologie et esthétique.

L’écoute de la harsh noise : de la physiologie à l’esthétique [durée : 72 min.], Guesde Catherine, Pauline Nadrigny





Contact : lir3s[dot]logistique[at]u-bourgogne[dot]fr
Hébergement : LIR3S-UMR 7366 CNRS uB
URL : https://lir3s.u-bourgogne.fr/phonotheque
Licence Creative Commons