« Vu leurs pratiques, leurs théories doivent être vachement radicales » : les situationnistes et la bande-dessinée
Projet hypertext link symbol Un siècle d’imprimés politiques de forme brève en Europe (1880-1980)
Séminaire hypertext link symbol « Vu leurs pratiques, leurs théories doivent être vachement radicales » : les situationnistes et la bande-dessinée
Auteur(s) : Guy Emmanuel
Durée : 73 minutes

Référence électronique : Guy Emmanuel, « « Vu leurs pratiques, leurs théories doivent être vachement radicales » : les situationnistes et la bande-dessinée » [en ligne], 2013, disponible sur https://lir3s.u-bourgogne.fr/phonotheque/c-761, page consultée le 04/12/2021



Présentation des auteurs

Emmanuel Guy est chargé de recherches documentaires sur le fonds Guy Debord de la BnF et doctorant en littérature comparée et histoire de l’art (universités Paris Nord Villetaneuse et Paris Ouest Nanterre). Ses recherches portent sur la mise en œuvre et en récit de la stratégie chez Guy Debord et l’Internationale situationniste. En novembre-décembre 2012, il a assuré le commissariat d’une exposition intitulée « Bandes détournées : les comics situationnistes » au Centre d’Art le Pavillon Blanc, dans le cadre du Festival de bande-dessinée de la ville de Colomiers (31).

Il est également commissaire de l’exposition « Guy Debord, un art de la guerre » (BnF, 27 mars-13 juillet 2013), et co-organisateur du colloque consacré à Guy Debord qui se tiendra dans le cadre de l’exposition les 24 et 25 mai 2013 à la BnF et à l’Institut Suédois, à Paris.



Résumé de la communication

Fondée en 1957, l’Internationale Situationniste (I.S.) réunit des artistes d’avant-garde européens bien décidés à en découdre avec le monde de l’art et toute la culture qui le supporte. Société des loisirs, urbanisme, littérature, cinéma, guerres coloniales, idéologie soviétique, idéologie capitaliste, rien n’échappe à la violente critique menée par un groupe qui s’inscrit de plus en plus dans le champ de la radicalité révolutionnaire à partir du tournant des années 1960.

Pour diffuser leurs idées, les situationnistes publient une revue, Internationale situationniste , et de très nombreux tracts dont l’élégance graphique et l’humour cinglant les distingue de biens des publications de l’ultra-gauche de l’époque. Il y recourent souvent au « détournement », qui consiste à réemployer dans un contexte nouveau des productions culturelles préexistantes. Cette pratique situationniste élaborée d’abord dans le champ de l’art est sans cesse remise en jeu par le groupe dans le champ du politique, notamment à travers la réalisation de bandes dessinées détournées. L’humour décapant des comics situationnistes tient au décalage entre l’imaginaire conventionnel de la bande dessinée et la virulence du contenu des phylactères. Il suffit en effet d’une paire de ciseau et d’un tube de colle pour faire dire aux pin-ups des magazines de charme ou aux superhéros des illustrés les éléments de propagande ou de théorie critique propres à soutenir un projet révolutionnaire. Imprimés à la va-vite, circulant à grande vitesse et aisément traduisible en raison de leur brièveté, ces tracts se révèlent un support très efficace pour la diffusion des idées. Ils seront ainsi l’une des marques de fabrique de ce qu’on peut appeler le style situationniste au moment de Mai 68.

On se propose ici de présenter la production, les usages et la circulation de ces imprimés, du milieu des années 1950 jusqu’à l’après Mai.

« Vu leurs pratiques, leurs théories doivent être vachement radicales » : les situationnistes et la bande-dessinée [durée : 73 min.], Guy Emmanuel





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