Le châtiment sous le règne des Plantagenêt
Phonothèque du LIR3S - UMR 7366 CNRS-uB

Le châtiment sous le règne des Plantagenêt

Colloque hypertext link symbol Sentences et décisions judiciaires, du Moyen Âge à l’époque contemporaine
Auteur(s) : Billoré Maïté
Durée : 17 minutes

Référence électronique : Billoré Maïté, « Le châtiment sous le règne des Plantagenêt » [en ligne], 2011, disponible sur https://lir3s.u-bourgogne.fr/phonotheque/c-602, page consultée le 29/11/2021



Résumé de la communication

Le but de cette communication sera d’étudier l’évolution des sentences sanctionnant les crimes de trahison, en particulier les rébellions et complots contre le pouvoir ducal ou royal dans le monde anglo-normand du XIe au XIIIe siècle. Si l’on s’en tient aux textes normatifs, la sentence de ce type de crime est sans appel pourtant la pratique montre une très grande diversité des condamnations.

Entre deux périodes d’extrême sévérité, le règne des Plantagenêt apparaît comme un temps de très grande modération où les châtiments corporels et les peines capitales laissent place à des sentences « réversibles » (confiscation de terres, amendes, peines infâmantes, bannissement ou emprisonnement) voire une politique de clémence. Les princes angevins n’ont pas eu l’initiative de ce changement car dès 1088 l’indulgence dont fait preuve Guillaume Le Roux pour la répression de la révolte baronniale marque un tournant décisif mais Henri II généralise cette politique durant tout son règne. La justice cesse de faire couler le sang de l’aristocratie pour laisser place à des sentences et des rituels plus symboliques. Il s’agit d’obtenir la soumission des rebelles, de procéder à leur humiliation sans empêcher une possible réhabilitation. Le procès est même quelquefois évité : l’amende honorable spontanée ou la pénitence proposée par des intercesseurs (des dignitaires ecclésiastiques le plus souvent) permettent un règlement à l’amiable des conflits qui opposent les nobles à leur seigneur. Face à ces demandes de réconciliation, ces pénitences le prince arrête le cours de la justice et octroie son pardon.

Ce gouvernement par la grâce prend fin sous les règnes d’Henri III (1216-1272) et d’Edouard Ier (1272-1307) avec l’exécution de Guillaume de Marescot (1242), pendu, décapité et mis en morceaux et quelques procès retentissants comme ceux du prince gallois David Ap Gruffyd en 1283 ou de l’écossais William Wallace en 1305. Quelques années plus tard, le « Statute of treason » (1352) fixe une sentence qui renoue avec la dureté du passé : l’exécution publique est assortie de mutilations rituelles qui ont toutes leur justification.

Comment expliquer cette évolution ? Quels liens peuvent être établis entre les sentences prononcées par les juges royaux et la puissance du prince ou la conjoncture politique ? En quoi la justice révèle-t-elle l’évolution de la perception que les contemporains ont du pouvoir royal ?

Le châtiment sous le règne des Plantagenêt [durée : 17 min.], Billoré Maïté





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