Sentences et Inquisition en Espagne : l’exemple des procès de sorcellerie et superstitions (District inquisitorial de Saragosse ; XVe-XIXe siècle)
Colloque hypertext link symbol Sentences et décisions judiciaires, du Moyen Âge à l’époque contemporaine
Auteur(s) : Diochon Nicolas
Durée : 25 minutes

Référence électronique : Diochon Nicolas, « Sentences et Inquisition en Espagne : l’exemple des procès de sorcellerie et superstitions (District inquisitorial de Saragosse ; XVe-XIXe siècle) » [en ligne], 2011, disponible sur https://lir3s.u-bourgogne.fr/phonotheque/c-594, page consultée le 29/11/2021



Résumé de la communication

Objet d’une légende tenace, l’Espagne fut longtemps le pays qui conduisit au bûcher les accusés par centaines, parmi eux les sorciers. Les récentes recherches révèlent pourtant que les exécutions des suppôts de Satan furent peu élevées. D’ailleurs, dès le XVIIe siècle, une mesure de la Suprema tend à reconnaître l’illusion de la sorcellerie, ce qui ne fait pas disparaître pour autant les condamnations.

Il s’agira ici de considérer la permanence des procès inquisitoriaux de sorcellerie et superstitions à la fin de l’époque moderne à travers la sentence. Sa contextualisation au sein de la procédure sera un prélude à la quantification et l’appréciation de la sévérité des châtiments imposés à ces délits en Aragon. Deux périodes s’opposent : lorsqu’au début des persécutions, les procès se soldent par la peine de mort – essentiellement au XVIe siècle –, les causes instruites par la suite sont en constante augmentation – dès le début du XVIIe siècle – mais accompagnées de sentences moins lourdes. Cette seconde période est d’autant plus intéressante qu’il s’agit de l’époque où précisément les autres nations européennes cessent de poursuivre la sorcellerie. Quelles sont les motivations des juges ? Quel intérêt peut avoir l’Inquisition à poursuivre sorciers et superstitieux quand l’organe central laisse entendre que tout est illusion ?

Les sentences vont guider nos réflexions car elles font émerger les enjeux assumés et ceux dissimulés qui animèrent l’Inquisition en Aragon. La mission pastorale fut le fer de lance des juges : il s’agissait de faire respecter le dogme et de persécuter toute forme d’hérésie. Mais si ce rachat aux yeux de la religion ne disparaît pas de facto, aussi observons-nous que la sentence prononcée l’était dans une optique plus sociale : telle peine met hors d’état de nuire un imposteur ou telle sentence est une façon de protéger un individu accusé à tort. Enfin, sorcellerie et superstitions suscitèrent d’importants conflits de compétences juridictionnelles au cours desquels la sentence s’est avérée être une arme au service de l’État.

Sentences et Inquisition en Espagne : l’exemple des procès de sorcellerie et superstitions (District inquisitorial de Saragosse ; XVe-XIXe siècle) [durée : 25 min.], Diochon Nicolas





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