L’utilisation de l’amende en cire par les officialités champenoises (XVe siècle)
Colloque hypertext link symbol Sentences et décisions judiciaires, du Moyen Âge à l’époque contemporaine
Auteur(s) : Beaulande-Barraud Véronique
Durée : 21 minutes

Référence électronique : Beaulande-Barraud Véronique, « L’utilisation de l’amende en cire par les officialités champenoises (XVe siècle) » [en ligne], 2011, disponible sur https://lir3s.u-bourgogne.fr/phonotheque/c-591, page consultée le 03/12/2021



Résumé de la communication

Les officialités champenoises, comme d’autres (Cambrai notamment), condamnent certains auteurs de crimes et délits au versement d’une quantité donnée de cire. Cette « amende en cire » est distincte du don de cierge proprement dit : elle est prescrite en poids de cire, généralement entre une demi-livre et deux livres (mais jusqu’à 12 livres dans un exemple troyen), et n’a pas forcément le même destinataire que les cierges. Elle est parfois considérée comme un moyen usité par les officialités pour contourner l’interdiction canonique de prononcer des amendes pécuniaires. A Cambrai, Emmanuël Falzone a montré que, la cire étant vendue par la chapelle de l’officialité qui reçoit parallèlement les quantités de cire exigées des condamnés, cette pratique est une double source de revenus pour l’officialité. Cependant, la pratique des officialités de Troyes et Châlons invite à réfléchir sur le sens de ces condamnations. En effet, l’amende en cire peut être imposée conjointement à une amende pécuniaire et n’en est donc pas une simple alternative. Aucune commutation en monnaie n’est évoquée dans les registres étudiés – contrairement à ce qu’on peut lire pour certaines peines de prison. Un registre troyen (G4172) dresse une comptabilité spécifique de ces amendes, distincte de l’enregistrement des amendes pécuniaires ; à l’inverse, on n’en trouve aucune trace dans les registres de comptes de l’officialité de Châlons, alors que la pratique est abondamment attestée dans les registres aux causes – c’est quantitativement le deuxième type de peine pour les années 1471-1473.

Les causes provoquant ce type de peines sont globalement similaires devant les deux cours : jurons, injures, infractions au chômage des dimanches et fêtesÉ Une exception notable doit être signalée : le juge châlonnais prononce éventuellement des condamnations à verser un poids de cire dans les affaires de « mariage clandestin », ce que ne fait jamais son homologue troyen. Dans une moindre mesure, à l’inverse, l’official de Troyes utilise un peu plus que le châlonnais l’amende en cire pour punir des coups sur des clercs. Chaque juge pose donc des choix, y compris pour les formes les plus ordinaires de la condamnation prononcée par une officialité. Dans tous les cas, la prépondérance des causes « spirituelles », relevant de l’atteinte à Dieu ou à l’Église, est visible : la dimension pénitentielle de la cire est peut-être un facteur d’explication, même si c’est moins prégnant que lorsque les coupables donnent un cierge à un sanctuaire défini – puisque toute amende versée à l’officialité, qu’elle soit numéraire ou en cire, est destinée « à de pieux usages ».

D’autre part, l’amende en cire est rarement exigée des détenteurs des ordres majeurs ; c’est une peine qui concerne très majoritairement les laïcs ; il faut également noter que c’est une peine modeste – une livre de cire coûtant environ 5 sous, l’amende en cire la plus courante représente l’amende pécuniaire la plus faible que demandent ces officialités. Si on tente de hiérarchiser les délits en fonction des peines encourues, il est patent que très généralement, ceux qui sont punis d’une amende en cire sont d’une faible gravité. Les exceptions interrogent alors particulièrement, lorsque plusieurs livres de cire sont demandées.

L’utilisation de l’amende en cire par les officialités champenoises (XVe siècle) [durée : 21 min.], Beaulande-Barraud Véronique





Contact : lir3s[dot]logistique[at]u-bourgogne[dot]fr
Hébergement : LIR3S-UMR 7366 CNRS uB
URL : https://lir3s.u-bourgogne.fr/phonotheque
Licence Creative Commons