Exécrable sodomite et traître envers son seigneur : l’affaire du comte d’Acerra, 1286-1294
Colloque hypertext link symbol Sentences et décisions judiciaires, du Moyen Âge à l’époque contemporaine
Auteur(s) : Hélary Xavier, Provost Alain
Durée : 18 minutes

Référence électronique : Hélary Xavier, Provost Alain, « Exécrable sodomite et traître envers son seigneur : l’affaire du comte d’Acerra, 1286-1294 » [en ligne], 2011, disponible sur https://lir3s.u-bourgogne.fr/phonotheque/c-590, page consultée le 29/11/2021



Résumé de la communication

L’affaire relative au comte d’Acerra Adenolfo IV d’Aquino intervient dans une phase précoce de ce que l’historiographie récente a pu appeler « l’ère des procès ». Le contexte est celui du conflit entre pouvoir angevin et pouvoir aragonais en Italie du Sud et en Sicile, postérieurement aux Vêpres siciliennes (mars 1282).

Accusé de trahison et de lèse-majesté, pour avoir pris le parti des Aragonais lors du siège de la ville de Messine en particulier, Adenolfo d’Aquino est jugé coupable par une cour présidée par Robert II, comte d’Artois, qui gouvernait alors le royaume de Sicile au nom de Charles II d’Anjou (1286). Mais, libéré, du fait, notamment, de l’intervention de la papauté, le comte d’Acerra semble rentrer en grâce et rejoint Charles d’Anjou en Provence. Pourtant, arrêté de nouveau, accusé du crime de sodomie, il est jugé et exécuté – « traversé d’un dard de fer brûlant, depuis le fondement jusqu’à la bouche, et ensuite livré aux flammes », selon le chroniqueur Guillaume de Nangis (1294).

Petit-fils de Frédéric II par sa mère, Adenolfo, comte d’Acerra, appartient à une famille soupçonnée de gibelinisme, en dépit des gages de loyauté qu’elle a pu donner aux Angevins. Son procès met au jour les tensions qui travaillent au sein de l’aristocratie d’Italie méridionale : le jeu qui associe et oppose les Angevins, les Aragonais et la papauté détermine la structuration des réseaux et des clientèles, le choix des alliances et des fidélités, la distribution des faveurs et des places.

Abordée par les historiens à partir de l’étude des registres angevins, des lettres pontificales et des chroniques, l’affaire du comte d’Acerra est également documentée par un dossier conservé aux Archives Départementales du Pas-de-Calais, qui comporte la sentence de Robert d’Artois, donnée à Melfi en novembre 1286, ainsi que les dépositions de 81 témoins. Ce dossier permet de reconstituer partiellement la procédure suivie et de reconsidérer la condamnation qui conduit finalement à la mort Adenolfo d’Aquino : dans le royaume angevin, à la fin du XIIIe siècle, le procès participe déjà d’un « mode de gouvernement ».

Exécrable sodomite et traître envers son seigneur : l’affaire du comte d’Acerra, 1286-1294 [durée : 18 min.], Hélary Xavier, Provost Alain





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