La sentence judiciaire dans les relations entre juifs et chrétiens au Moyen Âge
Colloque hypertext link symbol Sentences et décisions judiciaires, du Moyen Âge à l’époque contemporaine
Auteur(s) : Soussen Claire
Durée : 13 minutes

Référence électronique : Soussen Claire, « La sentence judiciaire dans les relations entre juifs et chrétiens au Moyen Âge » [en ligne], 2011, disponible sur https://lir3s.u-bourgogne.fr/phonotheque/c-577, page consultée le 08/12/2021



Résumé de la communication

Après avoir rappelé le fonctionnement de la justice pour les juifs dans l’espace aragonais, ainsi que les principes qui guident l’existence de cette minorité religieuse en diaspora, la communication examine les différentes formes de remises en cause de la sentence judiciaire rendue dans le cadre d’affaires intra ou inter communautaires.

On insistera sur le consensus en vigueur et en même temps l’apparent paradoxe qui le sous-tend : les juifs sont soumis à l’impératif talmudique « Dina de Malkhuta Dina » (ils doivent respecter la loi en vigueur dans le pays d’accueil) et jouissent du privilège de l’autonomie judiciaire qui consiste à être jugé en fonction de la loi juive.

Dans le même temps, les responsa rabbiniques rappellent fréquemment la double injonction suivante : le nécessaire respect de la loi de l’État et l’interdiction absolue du recours aux tribunaux non-juifs. Cette double injonction porte en elle-même à tout le moins un hiatus, voire une contradiction, exploités par ceux qui y voient un bon moyen de remettre en cause toute sentence judiciaire apparaissant comme défavorable.

Cette remise en cause passe par des moyens classiques : l’appel au roi (on évoquera sa valeur et sa réception par les différents acteurs, allant des interrogations du pouvoir royal quant à sa recevabilité, jusqu’à la condamnation ferme des autorités rabbiniques) à l’origine du processus de remise en cause, et l’octroi de lettres de rémission à l’issue de la procédure.

À travers cette remise en cause de la sentence, c’est l’analyse de l’attitude du pouvoir politique à l’égard des juifs qui est rendue possible. De même, le refus de tenir compte d’une sentence judiciaire rendue par un tribunal non-juif dans une affaire opposant des juifs, éclaire le positionnement des juifs à l’égard de la société majoritaire.

La sentence judiciaire dans les relations entre juifs et chrétiens au Moyen Âge [durée : 13 min.], Soussen Claire





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