Une amnistie pour mémoire
Phonothèque du LIR3S - UMR 7366 CNRS-uB

Une amnistie pour mémoire

Colloque hypertext link symbol Expériences et inscriptions du Front populaire - Militants, territoires et mémoires
Auteur(s) : Gacon Stéphane
Durée : 23 minutes

Référence électronique : Gacon Stéphane, « Une amnistie pour mémoire » [en ligne], 2006, disponible sur https://lir3s.u-bourgogne.fr/phonotheque/c-251, page consultée le 03/12/2021



Résumé de la communication

Il est paradoxal de parler de mémoire pour évoquer une mesure qui a pour vocation l’oubli. Sous le Front populaire, deux lois d’amnistie sont adoptées qui s’adressent aux derniers condamnés de la Grande Guerre (pour antimilitarisme, défaitisme, pacifisme, mutinerie, etc.), aux militants antifascistes et aux grévistes des derniers mois, aux cheminots, postiers et autres condamnés de la fonction publique ainsi qu’à tous les condamnés à des « peines de misère » (vol et avortement par exemple). L’amnistie est une mesure qui, au-delà de ses effets réels, a une portée symbolique importante et on pourrait se demander si elle est l’occasion de faire entrer les luttes du peuple dans une mémoire nationale consensuelle par la reconnaissance offerte par le geste (on oublie ce que vous avez fait donc vous êtes des Français comme les autres). Mais cette logique d’unité nationale n’est qu’apparente car la droite mène un âpre combat contre ces dispositions. Cette amnistie est avant tout une amnistie de lutte : il y a une mémoire ouvrière de luttes, de souffrances et de répression et il est nécessaire de faire une place à ces luttes, de rendre grâce à ces hommes qui ont été des remparts face au fascisme, à l’inégalité et à l’injustice sociale. Il faut leur offrir l’amnistie qu’ils réclament. Tel est le sens de la revendication portée par les partis et les organisations (comme le Secours rouge de France ou la Ligue des droits de l’homme) qui font campagne pour cette amnistie et la placent en tête du programme de Rassemblement populaire. La mémoire des luttes passées doit être le ciment de la classe ouvrière, du mouvement social, du Front populaire. L’amnistie est mémoire avant d’être oubli ; l’oubli est toujours un outil du combat politique ; cette amnistie est l’occasion de formaliser une mémoire de luttes qui ne cesseront d’habiter le mouvement social au XXe siècle.

Une amnistie pour mémoire [durée : 23 min.], Gacon Stéphane





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