« Une étude désintéressée » ? La place du dessin dans l’expertise artistique, histoire et pratiques contemporaines
Journée d’études doctorale hypertext link symbol Dispositifs et modalités de l’expertise
Auteur(s) : Batalla-Lagleyre Gabriel
Durée : 47 minutes

Référence électronique : Batalla-Lagleyre Gabriel, « « Une étude désintéressée » ? La place du dessin dans l’expertise artistique, histoire et pratiques contemporaines » [en ligne], 2019, disponible sur https://lir3s.u-bourgogne.fr/phonotheque/c-1430, page consultée le 29/11/2021



Résumé de la communication

Figure qui cristallise l’imaginaire du grand public, l’expert en art est encore souvent regardé comme le détenteur d’une capacité presque magique d’identification et d’authentification des œuvres, grâce à un « œil » ou un « flair » qui relèvent à plein de « l’idéologie du don » telle qu’elle a été décrite par Bourdieu. Pourtant, l’expertise artistique s’explique, que ce soit en analysant les dispositifs intellectuels et matériels qui ont pu lui donner naissance ou l’apparition d’une position quasi institutionnelle qui lui donne l’autorité nécessaire au jugement. Figure clef de la constitution des savoirs et de la constitution de la valeur en histoire de l’art (deux faces indissociables), l’expert est susceptible d’être étudié du point de vue de l’histoire et de la sociologie. Après en avoir retracé l’émergence (formation d’un besoin au XVIIe siècle, établissement d’une méthode au XVIIIe siècle, institutionnalisation au XIXe siècle, à mi-chemin entre le commerce artistique et les institutions muséales), je focaliserai ma communication sur la place tenue aujourd’hui par le dessin, à la fois comme outil fondamental (le dessin pour authentifier une peinture) et champ à part entière, mais méconnu, de l’expertise (constitution progressive d’un marché indépendant pour les arts graphiques) : regardé par les connaisseurs d’Ancien Régime comme la boîte noire de la production artistique, le dessin est devenu la boîte noire de l’expertise, à l’efficacité inversement proportionnelle à sa publicité (il est traditionnellement tenu à l’écart du public).

Dans un jeu d’échelles à trois niveaux, du plus général au plus particulier, et du plus consensuel et discursif au plus conflictuel et pragmatique, je propose d’étudier deux objets :

  • l’établissement du catalogue raisonné des dessins d’un artiste, à la fois outil et résultat de l’expertise, à travers l’exemple de Jacques-Louis David, en portant la focale sur les relations de pouvoir qui peuvent influer sur l’acceptation ou le refus d’un dessin ;
  • des dessins précis de David acquis récemment par des musées (Nantes, New-York), qui permettront de cerner la micro-histoire de la création et la validation du savoir expert, depuis la découverte de l’œuvre jusqu’à son achat par une institution publique en passant par son passage sur le marché de l’art, autant de moments qui entraînent une expertise (menée par des acteurs différents, l’expert de profession, le marchand, le conservateur, éventuellement l’universitaire).
    Dans ces trois cas, il s’agira d’étudier le va-et-vient de l’objet à l’expert et de mettre en lumière autant ce que l’expert fait au dessin (ce qu’il dit de lui, comment il le présente dans la presse ou sur le marché, le prix qu’il lui attribue) que ce que, en termes d’affordance, le dessin permet à l’expert quant à sa position sociale et la constitution de sa légitimité.

« Une étude désintéressée » ? La place du dessin dans l’expertise artistique, histoire et pratiques contemporaines [durée : 47 min.], Batalla-Lagleyre Gabriel





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