Figuration de la violence indicible dans la musique contemporaine : recherche esthétique et/ou témoignage sensible. Le cas d’œuvres espagnoles composées sur le thème de la mort
Journée d’études doctorale hypertext link symbol Le spectacle de la violence
Auteur(s) : Grossen Bastien
Durée : 29 minutes

Référence électronique : Grossen Bastien, « Figuration de la violence indicible dans la musique contemporaine : recherche esthétique et/ou témoignage sensible. Le cas d’œuvres espagnoles composées sur le thème de la mort » [en ligne], 2017, disponible sur https://lir3s.u-bourgogne.fr/phonotheque/c-1179, page consultée le 27/11/2021



Résumé de la communication

À défaut d’être visible, la violence peut être exhibée par des phénomènes sonores et leur organisation temporelle. Les figures de la guerre, de l’extrême violence allant jusqu’à l’indicible, de la mort et de son altérité, se manifestent par exemple dans la saturation des timbres, l’informe, l’aphorie, l’altération, la superposition, la désunification ou l’attente vaine – deux figures qu’Adorno revendiquait dans le but d’affirmer auditivement la résistance à l’unitaire et l’impossible sérénité après l’horreur nazie.

Les œuvres étudiées convoquent l’effet de fascination qui se mêle à l’effroi. Le sublime rejoint certes le concept d’indicible notamment par la confrontation à une force terrifiante (l’incommensurable...) au point de laisser le spectateur dans l’impossible restitution verbale. Pour autant, l’esthétique de ces œuvres, a moins pour effet de ravir l’auditeur, que de parvenir à lui faire ressentir une spécificité : c’est donc avant tout le caractéristique en tant que catégorie hégélienne de l’esthétique, notamment marquée par la laideur, qui est visé.

Nous distinguerons deux types de compositions : celles qui, plus proches d’une suite de tableaux, guident le contemplatif sur le fil d’Ariane qu’est le temps, tressautant voire se brisant au gré des épreuves et péripéties de la proto-intrigue sensible, instaurant une certaine distance et un sentiment de plaisir dû à l’impression d’assister à un spectacle efficace, comme dans Ténèbres de Posadas, véritable simulacre de ténèbres, de chaos et d’angoisse. Et celles, deuxièmement, qui se veulent plus commémoratives et dénoncent explicitement, y compris par les associations de topiques et d’affects, la violence de la guerre. Le plaisir cède ici sa place à la compassion voire même à la leçon (de Ténèbres, mais aussi d’humanisme en faisant, par réflexion, ressentir sans retenue ce que l’homme a fait et les conséquences dramatiques qui s’ensuivent, comme dans Officium Defunctorum de Halffter). Pour autant, cette frontière s’avérera perméable.

Figuration de la violence indicible dans la musique contemporaine : recherche esthétique et/ou témoignage sensible. Le cas d’œuvres espagnoles composées sur le thème de la mort [durée : 29 min.], Grossen Bastien





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