La violence dans le « southern gothic » : de l’horreur à la contemplation
Journée d’études doctorale hypertext link symbol Le spectacle de la violence
Auteur(s) : Corniot Charlotte
Durée : 36 minutes

Référence électronique : Corniot Charlotte, « La violence dans le « southern gothic » : de l’horreur à la contemplation » [en ligne], 2017, disponible sur https://lir3s.u-bourgogne.fr/phonotheque/c-1177, page consultée le 29/11/2021



Résumé de la communication

Le southern gothic qui se situe dans le Sud des Etats-Unis est une esthétique cinématographique qui place la violence au centre de ses interrogations. S’il s’est largement déployé dans le genre horrifique, il se présente sous une forme nouvelle depuis les années 2000. Après avoir été le lieu d’un véritable spectacle de l’horreur, le regard porté sur la violence sudiste se transforme, créant un autre langage cinématographique. Le rythme est étiré, le montage moins rapide et la bande son nous distancie des scènes violentes. Parce qu’elles détiennent un caractère terrifiant, certaines séquences touchent au sublime et font naître un sentiment de fascination chez le spectateur. Tout en conservant l’atmosphère pesante du deep south, le cinéma contemporain ouvre la voie à un « lyrisme contemplatif ».

Cette violence sourde, latente, qui transpire dans le southern gothic finit toujours par exploser avec une force libératrice. L’agressivité est inhérente à tous les personnages, la violence n’est ainsi pas une caractéristique distinctive des « bons » ou des « mauvais ». C’est par la violence que passe la vengeance, l’émancipation ou la survie, elle est ainsi érigée au rang de valeur fondamentale. Elle détruit autant qu’elle construit, comme une puissance aveugle qui scelle les destins. Intimement liée à la pauvreté, la marginalité, aux addictions et à l’alcool, c’est une violence sociale qui est mise en scène.

La mise à distance que peut induire ce traitement cinématographique éloigne-t-elle le spectateur de la brutalité de la réalité ou permet-elle de porter à l’écran ce qui ne pourrait l’être autrement ? Nous pouvons également nous demander si en esthétisant la violence, ce cinéma ne la minimise-t-elle pas ? Sommes-nous devant une légitimation ou une dénonciation ? Le jugement du spectateur est-il guidé ou les réalisateurs ne font-ils qu’exposer toute l’ambiguïté de la violence ?

La violence dans le « southern gothic » : de l’horreur à la contemplation [durée : 36 min.], Corniot Charlotte





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