Lecture anthropologique de l’inscription au patrimoine mondial d’un site religieux : l’Église de la Nativité à Bethléem (2012)
Projet hypertext link symbol Patrimoine et anthropologie, quoi de neuf ? Actualité d’un domaine de recherche
Séminaire hypertext link symbol Culte et patrimoine
Auteur(s) : Andézian Sossie
Durée : 69 minutes

Référence électronique : Andézian Sossie, « Lecture anthropologique de l’inscription au patrimoine mondial d’un site religieux : l’Église de la Nativité à Bethléem (2012) » [en ligne], 2015, disponible sur https://lir3s.u-bourgogne.fr/phonotheque/c-1004, page consultée le 26/10/2020



Présentation des auteurs

Sossie Andézian, anthropologue, est membre de l’équipe LAHIC du IIAC (EHESS/CNRS). Après des travaux sur l’islam dans l’immigration maghrébine en France, puis sur le soufisme en Algérie, elle s’est orientée vers l’étude du lien entre religion et politique dans le christianisme à Jérusalem. Son travail de terrain l’a progressivement amenée à s’intéresser aux rapports entre religion et patrimoine. C’est ainsi qu’elle a entrepris un séminaire à l’EHESS intitulé « Dynamiques de patrimonialisation des sites et des rituels religieux » avec Christian Décobert (historien) et Anna Poujeau (anthropologue). Le dialogue entre anthropologie et histoire a toujours constitué une de ses préoccupations et dont l’efficacité s’est confirmée au fil de ses travaux.



Résumé de la communication

La basilique de la Nativité de Bethléem, inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco en 2012, offre un bel exemple de patrimonialisation d’un site religieux qui ne se limite pas à un simple processus de désacralisation-resacralisation. Servant toujours de lieu de culte et de lieu de pèlerinage, sa mise en tourisme n’est en rien consécutive à cette requalification, mais s’inscrit dans le temps long de l’histoire de ce monument qui présente également un intérêt artistique avec ses nombreuses fresques de l’époque médiévale. « Nous n’avons pas besoin de l’Unesco pour attirer les pèlerins et touristes » déclarait le supérieur de l’ordre franciscain chargé de la garde des lieux saints pour les catholiques. Folklorisées en partie depuis près d’un siècle, les cérémonies de Noël se poursuivent sur le même modèle. Si l’on peut placer la demande d’inscription de ce monument par l’Autorité palestinienne dans le cadre de sa lutte pour la réappropriation des territoires occupés par Israël, autrement dit en faire une lecture en termes de mobilisation de ressources religieuses à des fins politiques, une lecture anthropologique centrée sur le choix de ce monument chrétien comme symbole national dans une société à dominante musulmane ouvre des perspectives d’analyse d’ordre plus général sur le sens que prennent les objets du passé, en l’occurrence des objets religieux, dans l’économie de la représentation que des sociétés cherchent à donner d’elles-mêmes au présent.

Lecture anthropologique de l’inscription au patrimoine mondial d’un site religieux : l’Église de la Nativité à Bethléem (2012) [durée : 69 min.], Andézian Sossie





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