« Mon Dieu, délivrez-moi du modèle » : des normes et des limites de l’enseignement académique au XVIIIe siècle
Journée d’études doctorale hypertext link symbol Normes et Individu
Auteur(s) : Vi-Tong Nelly
Durée : 22 minutes

Référence électronique : Vi-Tong Nelly, « « Mon Dieu, délivrez-moi du modèle » : des normes et des limites de l’enseignement académique au XVIIIe siècle » [en ligne], 2015, disponible sur https://lir3s.u-bourgogne.fr/phonotheque/c-1002, page consultée le 29/11/2021



Résumé de la communication

L’enseignement artistique, dispensé dans les Académies d’art du XVIIIe siècle, s’organisait autour d’une formation hiérarchisée et orientée vers l’étude de la figure humaine. Le dessin d’après le nu masculin était la principale vocation des établissements d’art, à tel point que le terme d’ « académie » servit à désigner l’exercice de composition d’après nature. L’étudiant s’appliquait d’abord à reproduire des dessins ou des gravures. Après avoir acquis ces premiers rudiments, il était autorisé à dessiner d’après des moulages d’antique. Puis, il était admis dans la classe du modèle vivant.

L’instruction académique était strictement normée. Les méthodes de dessins et les théories artistiques s’accordaient à reconnaître la justesse et les bienfaits des règles édictées par ce modèle éducatif. Soucieuses d’offrir à leurs élèves un enseignement de qualité, les écoles de dessin provinciales enrichissaient leur matériel pédagogique de modèles gravés d’après les meilleurs professeurs de l’Académie de peinture et sculpture de Paris. Elles s’attachaient à acquérir des plâtres réalisés d’après les plus célèbres antiques. Elles organisent régulièrement des conférences, des distributions de prix et des salons annuels.

Pourtant, ce système est violemment remis en cause. Ces méthodes, accusées de museler la création artistique, sont critiquées avec virulence. Plus qu’un modèle, la perfection des statues antiques devient une norme à laquelle doivent se soumettre les artistes. De l’imitation servile et de l’étude réitérée des œuvres antiques finit par naître la manière. Ce vice artistique est perçu comme une fatalité par les Diderot, Quatremère de Quincy et autre Cochin.

Si la référence assidue à l’antique fait l’objet de débats et de diatribes violentes, il en est de même pour l’enseignement orchestré autour des séances de pose. Faut-il suivre la norme académique qui approuve et incite à l’idéalisation du modèle vivant ou bien faut-il s’émanciper de telles pratiques et s’attacher à la seule étude de la Nature, dans sa beauté simple et imparfaite ?

Notre communication s’attachera à traduire les systèmes de représentations du corps, dans une France qui, dès la fin du XVIIIe siècle, remet en question les enjeux esthétiques, l’idéalisation de la figure humaine ainsi que l’Académie, corps institutionnel, qui, depuis le XVIIe siècle, organise et hiérarchise l’enseignement.

« Mon Dieu, délivrez-moi du modèle » : des normes et des limites de l’enseignement académique au XVIIIe siècle [durée : 22 min.], Vi-Tong Nelly





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